Que faire de nos attestations dérogatoires après le 11 mai ?
Par Dominique BESSE
Il
est fortement conseillé, même après le 11 mai, de conserver
précieusement la version papier des attestations dérogatoires que nous
avons utilisées pendant le confinement.
En effet, elles pourraient bien faire la fortune de nos descendants
dans … 300 ans.
Explication :
En 1720, lors de la grande épidémie de Peste qui partit
du Port de Marseille et se propagea rapidement en Provence et dans le Languedoc, faisant près de 50000 morts,
les Français devaient disposer d’un laissez-passer officiel pour effectuer tout déplacement (ancêtre
de notre attestation dérogatoire) précisant l’identité du porteur, le déplacement entre deux lieux précis et son motif.
Un exemplaire de ce document a été vendu aux enchères en 2017 (voir photo ci-dessous).
Texte du document :
"Nous Consuls du Lieu de Remoulin certifions à tous qu'il appartiendra que
Alexandre Coulomb consul habitant de ce lieu agé de vingt huit ans d'une taille
médiocre cheveux chatain part de ce lieu où il n'y a aucun
soupçon de Mal Contagieux pour aller à Blozac [Blauzac, Gard]. Prions
tous ceux qui sont à prier de lui donner libre, entrée & assuré
passage. En foy de quoi nous lui avons accordé le
présent certificat pour servir ainsi qu'il appartiendra.
A Remoulin ce
4e Nbre mil sept cens vingt. Fabre Juge-Consul.
Qui ajoute : "Veu bon pour aller à Bagnol [Bagnols-sur-Cèze] portant 400 filoselle [textile
composé à partir de résidus de soie] fillée dans Remoulin, ce 26 Nbre 1720".