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| Marthe et Marie Louise SANSOZ |
DES ÉCHINES DESSOUS...
.. A PARIS !
Marthe
et Marie Louise SANSOZ, vivaient une vie somme toute de restriction
aux Échines Dessous. Les terres, malgré une exposition sur le versant
du soleil, n'arrivaient à nourrir la vingtaine de famille. Comme hors du
monde, il fallait peiner pour survivre dans ce creux situé entre la
route des Chapieux et le ruisseau de "l'avalanche !" comme on l'appelait
autrefois, avant la construction de la route.
Un peu de linge,
quelques sous, des galoches, une coiffe, nos deux échinoises " sont
montées à Paris" à la recherche du travail ...C'était en 1930 !
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Ainsi, comme une valse à mille temps, les cols bleus, les cols blancs,
les cols rouges, vont accomplir un va et vient incessant de la
Haute-Tarentaise à Paris, de Tignes, de Val d'Isère, mais aussi de Bourg
saint Maurice.
Telle un mur infranchissable, la montagne, ne peut
nourrir toute une population. Les embauches sur la capitale se feront au
rythme de la saisonnalité, à l'échelle des valeurs, des
recommandations, mais aussi de ces retraités qui " ne remonteront pas à
Paris !"
" Dans chaque savoyard, il y avait un ramoneur qui sommeillait !"
Les
jeunes gens, comme Marthe et Marie Louise SANSOZ, des Échines Dessous,
avaient donc décidé de quitter la vallée. " Les stations n'existaient
pas !"
Dés 1930 la pluriactivité montagne va s'écrire dans les cals,
les mains et les rides un peu trop précoces dans le regard des jeunes.
Un gros contingent va quitter les alpages pour se rendre dans les
grandes villes de France.
" En ce qui concerne Marthe et marie Louise
elles ont répondu à la demande d'un certain ARPIN, originaire de
Montrigon. Il y avait aussi la famille MINORET qui acheminait des pommes
et des fromages sur Paris par la gare SNCF de BOURG SAINT MAURICE.
Marthe
et Marie Louise ont eu la chance d'être embauchées dans une petite
entreprise de Miroiterie sous l'enseigne " ARPIN " qui devient par la
suite : ARPIN -THOMASSIN " - Nos deux échinoises ont donc travaillé dans
cette "usine" qui fabriquait également des tours pour les boulangers-
pâtissiers -
l'Hôtel DROUOT ..Comptoir de référence..passage obligé !
Ce
renommé hôtel des ventes était aussi le lieu afin d'obtenir un parrain
pour trouver du travail. Les savoyards avaient la côte, mais rien
n'était possible sans ce " sas " et souvent organisé par un référent
retraité ! Il y avait comme un passage de témoin, une continuité, une
solidité, une certitude de travail fait et bien fait ! Il faut bien le
dire ...il fallait acheter sa place, même pour occuper un emploi dans
les services sou la restauration !
Ne jamais oublier ces transhumances...
..c'est avoir un profond respect pour ces gens de là haut qui ont tracé les chemins de la pluriactivité montagne...
La
corporation de ces mondes venus de Savoie a cependant aujourd'hui pris
un autre sens, mais l'ultime raison reste que, comme Marthe et
Marie-Louise, il ne fallait être à la charge de la société. Il fallait
se lever le matin pour gagner son pain. L'essor de "l'or blanc" a envahi
les prairies, les alpages sont devenus des havres de paix, les
candidats à l'exode ne se bousculent plus. Désormais le tourisme offre
des débouchés aux jeunes, aux pluriactifs.
Marthe et Marie Louise ...respect !
Merci
à vous Danièle de nous avoir permis d'ouvrir une bien belle page
d'Histoire des gens des Échines Dessous. Marthe et Marie Louise, peuvent
dormir dans la paix éternelle, elles ont mérité ce repos de toutes les
fatigues, elles méritent assurément notre respect le plus profond...A
chacun de ne pas oublier l'appel de la terre !
Pierre VILLENEUVE