Les dernières infos de Haute Tarentaise par Pierre VILLENEUVE
vendredi 8 mai 2026
LES CHAPELLES - LA COMMUNE A SU COMMEMORER CETTE VICTOIRE DU 8 MAI 1945 AVEC LA VOIX DES ANGES ! L EMOTION ETAIT DANS LES GORGES !
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L'une en hommage aux soldats de la première Guerre Mondiale
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La seconde dédiée aux combattants de la seconde Guerre mondiale.
Pierre VILLENEUVE
SUR UNE IDEE DE MICHELE..CEREMONIE DU 8 MAI 1945 -à SEEZ - NE JAMAIS OUBLIER LES SACRIFICES
NE JAMAIS OUBLIER LES SACRIFICES
Cérémonie Commémorative du 8 mai 1945 à Séez
De 1939 à 1945, toute l’Europe subit les pires des abominations nazies : crimes de
guerre, sacrifices de soldats et de civils, déportation des prisonniers de guerre, camps de
concentration de gens portant l’étoile jaune sur le veston, enfants séparés de leurs parents,
arrogance et férocité allemandes au service d’Hitler, Mussolini rallié au nazisme. Tout est
réuni pour détruire les populations, les villes, détourner par le vol que l’on nommera
« confiscation » de nombreuses œuvres d’art. L’horreur !
Certains d’entre nous sont nés pendant cette période, pendant laquelle les pères étaient
appelés sous les drapeaux, ici à Séez, comme partout ailleurs : pour vraiment défendre la
Patrie. Pendant tout ce triste temps, le nazisme se répandait comme un feu dévastateur, faisant
mourir des pères, traumatisant des familles, des enfants. Les Savoie, région frontalière fut
particulièrement meurtrie. On ne va pas tout citer, la liste des atrocités est bien trop longue.
L’on notait la présence respectueuses de deux nouveaux recrutés du P.G.H.M de Bourg
Saint-Maurice, nos courageux porte-drapeaux, la fanfare « l’Écho du Saint Bernard », les
Pompiers, des Anciens Combattants : le discours de Monsieur Germain d’une grande
éloquence, le dépôt de la magnifique gerbe et la présence de Monsieur Francis Sourd.
Le Chant des Partisans, fut chanté admirablement par la petite chorale des enfants de
l’École Élémentaire de Séez. Merci à tous, ainsi qu’à leur institutrice de les avoir orientés
dans cette célébration du retour de la France à la liberté. Chanté avec foi et force dans toute la
Nation.
Dans le climat instable actuel du monde ou plus proche de nous, on frissonne. Car
chacun porte en soi, les gènes de la souffrance endurée par des parents, malgré tout le confort
d’après guerre, mais qui ont subi des atrocités notables perdant parfois absolument tout. Les
pensées se conjuguent silencieusement. On n’aimerait pas que ça recommence.
L’on n’a pas le droit moral d’oublier la souffrance des uns et le profit des autres.
La liste des « morts pour la France » est longue. Ce sont eux aussi, les enfants,
comme chaque année, qui ont uni leurs voix enfantines pour les nommer courageusement,
accompagnés par le public, sur la place de l’Église, et des émotions de chacun.
La fanfare « L’Écho du Saint-Bernard » donnant le ton pour la Marseillaise, ponctuant
le discours de Monsieur le Maire, Lionel Arpin, depuis peu réélu, accompagné de Cécile
Utille-Grand, nouvelle maire de Bourg Saint-Maurice.
Bien que peu penchée sur la politique, j’aime à citer la réflexion du Général de Gaulle
concernant Anna Marly « elle fit de son talent une arme pour la France »… Les paroles
furent écrites par Joseph Kessel et Maurice Druon. Ce dernier occupa le 30ème fauteuil à
l’Académie Française.
« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? ».
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.
VIDE GRENIER DU PRINTEMPS à SEEZ - 07 JUIN 2026 - S INSCRIRE !
Traditionnel vide-grenier du Printemps le dimanche 7 juin de 7h30 à 17h30 au centre du village
Inscriptions à partir du mardi 26 mai à l'accueil de la mairie (horaires d'ouverture : lundi au vendredi de 8h à12h et de 14h à 17h30, jusqu'à 16h30 le vendredi).
Une place par personne (Tarif : 8 € la place de 3m x 2m)
Pas d'inscription
par mail ni téléphone
CELESTIN FREPPAZ...! PARLEZ NOUS DES FRONTIERES ... !
IL ÉTAIT UNE FOIS …LA FRONTIÈRE !
Fille d’un chef Ceutron, mais surtout fille d’Eve, elle était belle et ne l’ignorait pas. Beauté, mon beau souci…coquetterie, péché mignon.
Lorsque, naïade penchée au bord du lac, elle se mirait dans l’eau claire, sa longue chevelure faisait comme une ombre aux lignes harmonieuses de son corps de déesse. Et de ses longs doigts agiles et caressants, elle ne cessait de lisser les magnifiques cheveux blonds qui étaient son orgueil.
Sa beauté en imposait à la tribu toute entière et la fille du Chef éprouvait un plaisir cruel et une infinie jouissance à exciter la jalousie de ses sœurs de race, car nulle autre n’était parée d’ondulations aussi soyeuses, aussi opulentes, aussi ensoleillées.
LÉGENDE DU SERPENT PERSIFLEUR
A l’instant même, comme tressées par une main invisible, les nattes de cheveux se séparèrent et se tordirent en rampant par-dessus les oreilles, dégageant entièrement la nuque de la blonde Celtique…Comme pour ajouter volontairement face au serpent à sa pénitence, la fille malicieuse couvrit sa tête d’un voile grossier
Peu à peu le voile fut plus léger, il s’agrémenta d’arabesque et de dessins, devint fichu vaporeux, puis châle dont les plis négligés retombaient sur de belles épaules. Et, dans le même temps, un bandeau tissé d’or encadrait le visage ; ce nouveau diadème permit à la fille d’un chef de dissimuler adroitement la natte.
Puis vint la bride de perles, cette ironique "modestie ", la « collerette » de fine dentelle, les cordelettes de rubans, vinrent tout au long des siècles, compléter une coiffure parfaite qui marie l 'élégance à l’originalité..Cependant, la pièce principale, c’est toujours la torsade des cheveux qui s’enroule autour de la tête.
(Extraits du texte, tiré du livre de Célestin Freppaz « la vie traditionnelle en Haute-Tarentaise)
Pierre VILLENEUVE
jeudi 7 mai 2026
SEEZ - TEMOIGNANGE DE PAUL VEILEX...UN 31 AOUT 2014...AU COIN DU FEU DE LA CONFIDENCE !
DEVOIR DE MÉMOIRE..31 AOUT 2014...
PAUL VEILEX..UN HOMME...UNE HISTOIRE...UN COMBATTANT...
NOUS RACONTE...
.......malgré elle.
Après une saison en alpage du côté du Prarion et du Clapet, la période était assurément incertaine. Le poste T.S.F ou à Galène, diffusait des informations bien alarmistes. C’était l’été 1939, les foins avaient été généreux, les barillons gonflés des senteurs de gentianes, de violettes et bien d’autres essences…celles qui font chanter encore le fromage dans les caves d’affinage.
Chacun était inquiet aux prémices de l’automne… Et puis le 4 septembre 1939 l’Allemagne déclarait la Guerre.
Paul était pourtant allé à l’école de Villard Dessus, tout comme Lucie à la primaire de Saint Germain. « à l’époque il y avait 2 classes avec 20 à 25 élèves par classe. L’instituteur des grands était Mr Favre alors que son épouse s’occupait des petits. »
Et puis Mr Favre a été mobilisé avec le 13éme B.C.A, il est parti à Narvik… « Il pleurait en nous disant au revoir ! » alors que son épouse prendra en charge les 2 classes ! Dans les yeux des parents et des anciens on voyait bien que l’angoisse était de tous les instants, l’ambiance était morose. Après la démontagnée, les tarines étaient enfin à l’étable, comme une fin en soi, comme une drôle d’histoire qui n’a pas de fin.
Le 11 juin 1940, l’Italie déclarait la Guerre à la France. « il a fallu quitter rapidement l’école à Villard Dessus. Nous sommes partis précipitamment, évacués en Haute-Loire à…Rosière, à 5 km du Puy en Velay, avant de revenir fin août 1940 » précisera Paul.
Le temps de retrouver sa maison, sa ferme et de constater les dégâts, l’école de Villard Dessus a ré ouvert ses portes. « 3 jours avec les instituteurs français avec Marthe Bigiex pour les petits et Mlle Yvonne Bouquet pour les grands. Les salaires des instituteurs italiens et français étaient assurés par les italiens…Il fallait en passer par là ! Pour les 2 autres jours nous avions une institutrice italienne Mlle Villaz Simoné qui avait accroché un Christ dans les salles de classes. Elle venait de Morgex et habitera Séez avec ses parents dont le père Oreste avec sa mère tiendront une épicerie alimentation. Ce magasin se tenait en lieu et place de la maison des époux Vaser ! » .
Pendant les cours en italien, les institutrices françaises vaquaient à leurs occupations, écoutaient, surveillaient les enfants sinon préparaient les leçons ou corrigeaient les devoirs. « Nous avions un livre de grammaire en italien, c’était un gros livre rouge et grenat ! » précisera Lucie.
« La couverture des cahiers comportait des images fortes pour apparemment nous conditionner, nous impressionner, comme des tanks, des chars d’assaut, des avions de guerre, des fusils et des mitrailleuses ! » ajoutera Paul.
L’ École de VILLARD DESSUS..Zone occupée !
Pour superviser cette occupation italienne, il y avait un directeur
qui contrôlait les 3 communes occupées : Montvalezan, Sainte Foy Tarentaise et Séez. « Les occupants italiens nous avaient obligés à faire le salut fasciste quand il entrait en classe et de nous dire « Bonjour les enfants ! ».
« Je me souviens qu’un jour, alors que les baraquements des valdotains se trouvaient prés de la maison de mes parents, je fis le salut fasciste au Lieutenant Cavagné de Cognes qui était instituteur dans le civil. non… ne fait pas ça, me dit il, ! » En dépit des consignes qu’il avait reçues à l’époque des chemises noires de la jeunesse enrôlée par Mussolini.
Ainsi ce lieutenant m’apprit qu’en Italie la jeunesse italienne était plus connue sous le nom de « Ballila » et qui déjà, dans les cours d’école, recevait une éducation au même titre et dans les mêmes conditions que les chemises brunes en Allemagne.
« A Noël 1940, les italiens ont essayé de nous amadouer en nous offrant des cadeaux. Moi j’ai eu un avion à ressort qui volait en tournant une clé, ma sœur a reçu une poupée. Dans la corbeille il y avait des oranges, des mandarines, des sucreries, nous étions sous le charme…. »
« Parfois nous allions nous promener à Sainte Foy Tarentaise ..on était en terre italienne ! Ma mère n’était pas très contente de cette scolarisation car j’avais, comme tout le monde, des poux dans la tête ! En levant les yeux nous étions heureux de voir les avions chasseurs ou bombardiers qui venaient de Grande Bretagne et qui se dirigeaient vers Turin…Nous étions fin 1942, début 1943…les bombardements sifflaient .
Un jour il a fallu quitter l’école de Villard Dessus, les italiens étaient entrain de l’occuper. C’est ainsi que nous nous sommes repliés dans le bâtiment du père de Christiane Michel, chez Mr Bodinier.
Avant de partir je suis allé essuyer le tuyau du poêle à bois à la demande de la maîtresse..il y avait écrit « Vive la France », j’ai aussi caché mon cahier pour y avoir dessiné, sur la 1ére page, un très beau dessin « de la Redoute Ruinée » lieu où les italiens avaient essuyé une belle défaite ! »
En sortant de la classe, le temps de traverser la route, juste au dessus de Val Joli, je me souviens de la réflexion du directeur italien qui contrôlait notre transfert, s’adressant à Gaby Sourd « tu as les mains biens noires ! »
En effet, tous les jours, l’ensemble des élèves des deux classes devait montrer leurs mains avant d’entrer en classe. La réponse de Gaby fut cinglante : « ces mains noires qui font du pain blanc ! »
A la fin de l’année scolaire 1942 – 1943, était venu le temps de passer le Certificat d’ Études à la mairie de Séez actuelle.
Pour ces épreuves, ce sont les instituteurs de Maurienne ( Bessans, Lanslebourg, Lanslevillard) qui étaient venus contrôler les épreuves, alors que pour cette même épreuve en Maurienne, c’étaient les instituteurs de Villard Dessus qui se déplaçaient là bas.
Après une journée d’épreuves et toutes matières confondues, les diplômes ont été remis aux élèves admis…Les deux meilleurs étaient à l’honneur …Ils s’appelaient Lina Mouska, une russe réfugiée à Saint Germain et un certain…Paul Veilex
Ainsi Lucie et Paul ont bien voulu nous montrer ce cadre avec ce Certificat d’ Études Primaires rédigé en italien. Un moment certainement difficile, un moment fort, extrait de leur intimité. Ce moment vécu n’appartient pas qu’à l’histoire. Il est inutile de penser que tout a été enfoui, oublié, classé.
L’ École de la République retrouve la laïcité
« Le 8 septembre 1943, l’Italie capitulait, les italiens venaient de tourner leur veste ! »
Ce jour 11 décembre 2006, le silence s’est installé dans la pièce, les rayons de soleil ont quelque peu sauvé la situation. La brume s’est installée sur le front et le regard de Paul, les yeux de Lucie mais aussi de Paul, étaient anormalement brillants…La blessure était encore tenace.
L’école a été assurément un élément catalyseur. Elle a permis à ces enfants de Villard Dessus de vivre, d’être un lieu de repli. Au delà des évènements retenons donc la magie de l’ école et son pouvoir surnaturel….(pardon pour cet mot )
Ainsi Lucie et Paul ont construit, certes inconsciemment, un de ces chemins de la mémoire, ils ont pansé ces blessures, la cicatrice fait quelquefois encore mal. Je suis fier d’avoir pu écrire ce passage de leur vie, cette vie passée à la lisière d’eux mêmes. Je sais que ce texte est la construction personnelle d’une page, j’en connais sa richesse, sa profondeur, son intime.
Commentaires personnels
Ce besoin de mémoire est né d’un besoin d’éclaircissement des zones d’ombre du passé. Ma peur est toujours à fleur de peau de voir partir ( mais ça ne presse vraiment pas !) des hommes et des femmes qui sont une bibliothèque vivante et qui connaissent des faits écrits nulle part. C’est essentiel d’aller à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui détiennent au fond de leur mémoire des faits uniques. Au travers de ces écritures c’est la seule façon de se comprendre et donc de vivre ensemble…L’absurde demeure dans les malentendus !
Alors nous nous sommes posés les grandes questions des enjeux de la mémoire, comment la mémoire nous parvient elle ? Quel rôle pour l’histoire ? Y a t il des mémoires oubliées ? de quoi se souvient on ?
Je reste intimement convaincu qu’il est encore temps d’emprunter avec les enfants des écoles ces chemins de la mémoire, que Lucie et Paul ont parcourus. Profitons de ces moments forts pour inviter Paul et Lucie autour d’un banc d’une classe pour nous parler de ces temps pas si lointains. Leur courage, leur attachement à la terre sauvage que ces gens de là haut tentent d’apprivoiser, sont à méditer afin de garder le sens de leurs mots, de s’imprégner de leurs regards, de lire dans leurs rides, de caresser la rugosité de leurs mains qui sont une bien douce caresse.
( Merci à vous Lucie, merci à toi Paul Veilex, qui nous observe entre deux nuages, merci d’avoir eu cette humilité d’avoir ouvert un espace de votre vie.)
Pierre VILLENEUVE
LES CHAPELLES " au pays des ALPAGES .....ça ...REMUE !
C’est l’heure de l’emmontagnée, sinon de la REMUE à LES CHAPELLES : il est temps de retrouver les hauts pâturages !
Les exploitations agricoles de montagne et leurs troupeaux prennent leurs quartiers d’été pour environ 100 jours sur l’alpage.
Là-haut, tout l’été, ils collecteront du lait, fabriqueront du fromage BEAUFORT sinon TOMME de SAVOIE et prendront soin de leurs animaux, entretenant ainsi ces paysages, Côté VAUGEL, qui font partie de l’identité savoyarde.
Là-haut aussi, à pied, en famille, avec les enfants et les anciens, pour assister à un spectacle, ou pour une visite de l’alpage, vous serez nombreux à faire un tour.
Pastoralisme, loisirs de pleine nature, cohabitation des usages, développement durable : LA HAUTE TARENTAISE, est particulièrement attentive à ces espaces à la fois très prisés et très fragiles.
Bienvenue en terres d’alpages

















































