C' ÉTAIT LA RENTRÉE SCOLAIRE
EN HAUTE TARENTAISE !
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JARRE ? COSTERG ? DES NOMS QUI ÉVOQUENT, EN HAUTE TARENTAISE, LE MOT ... ÉDUCATION !
A
la fin de l'été 1946, ( il y a tout juste 80 ans ! ) Alexis Jarre,
instituteur renommé, traverse la vallée de l'Isère. De Les Chapelles à
Hauteville-Gondon, il y a quelques kilomètres avec de surcroit 500 m de
dénivelé.. Il retrouve une classe unique, situation qu'il maîtrise
depuis bien longtemps déjà. Ce qui le surprend, ce sont les distances
que parcourent les enfants par tous les temps : Montvenix, le Crêt, Le
Grand Gondon, sont bien loin du chef lieu, surtout lorsqu'il faut
patauger dans la neige ! Mais les enfants de ces temps là étaient très
courageux, et le gros, poêle, au centre de la classe, les réchauffait de
son mieux.





Chaque
jour à 8 h 30, la classe commençait par une leçon de morale illustrée
par une historiette. La suite de la journée se déroulait comme dans le
film " Être et Avoir " de Nicolas Phillibert: chacun son tour. Les
petits font de l'écriture ou du dessin pendant que le maître donne la
leçon d'orthographe, de calcul ou de géographie aux plus grands.
Alexis
Jarre, dans sa pédagogie, s'inspirait de la méthode Freinet et créait
des activités qui sollicitaient les initiatives et l'imagination des
enfants. C'est ainsi qu'on apprenait l'orthographe et la syntaxe en
composant des mots et des phrases avec de vrais caractères d'imprimerie.Tous
les ans pour Noël, toute la classe montait un spectacle ; décembre
était un mois d'effervescence. Quel remue méninges ! Il fallait choisir
une pièce de théâtre, des chants pour la chorale, une poésie, des
sketches...
Le
choix s'arrêtait souvent sur une comédie dramatique. Arrivait alors le
moment délicat du choix des acteurs. Qui pourra jour le rôle du petit
garçon malheureux ? Qui ne craquera pas pendant les multiples
répétitions ( après es heures de classe ) ?
et les critiques de ses
camarades ? Mais le maître connaissait bien ses élèves et, chaque année,
tout le monde assurait jusqu'au bout !
Ensuite, il fallait inventer
les costumes et les réaliser. Tout devenait réalité quand la, scène et
le décor étaient montés dans la classe pour que chacun puisse répéter en
situation.
On répétait sur place, ses mouvements, la hauteur de sa voix. La tension montait au fil des jours.Le
soir du spectacle était un moment de grand stress. Sa qualité étonnait
toujours les parents qui, parfois, ne reconnaissaient pas leurs propres
enfants sous leurs déguisements.
C'était un moment de rencontres, d'émotions et de joies partagées par trois


générations rassemblées. Grâce à l'argent recueilli, une promenade
en car, vers Chamonix, Annecy ou Aix les Bains, avait lieu à la fin
juin...Il fallait quitter la Haute - Tarentaise un instant pour vite et
mieux la retrouver ! En fait des petits bonheurs transcendés par Alexis
Jarre, maître d’école, dont encore certaines et certains se souviennent
de cet homme qui a eu ces mots : Éducation, Enseignement, Respect,
Morale qui ont construit des femmes et des hommes de toute une vallée.
Pierre VILLENEUVE
(
ce texte a été possible grâce à une ancienne élève, un livre "
Grosmalin et les pendules " mais aussi à Luce Costerg
d' Hauteville-Gondon ...Merci Luce ! )