Du local dans le bocal à la Distillerie de Chantemouche
Pour ces
vacances de fin d’année, nous vous proposons de partir à la découverte
des trois versants des montagnes que sont l’agriculture, les
distilleries et le travail du bois. Au travers de ces rubriques,
rencontrez ces exploitants et artisans qui, au fil des saisons, font
vivre les montagnes. Aujourd’hui, rencontre avec Dorian Chenal, qui a
créé cette année la distillerie de Chantemouche à Granier
En face du majestueux mont Pourri (devenu le logo sur les étiquettes) en Tarentaise, la belle histoire de la distillerie de Chantemouche a commencé à s’écrire en 2024. Dorian Chenal a eu l’idée en janvier et il a fait sa première distillation en mars, le temps de monter son dossier auprès des Douanes pour l’autorisation. -
Conscient de la tradition savoyarde et familiale (un grand-père distillateur, un père qui faisait du Paché avec ses vignes à Granier, un oncle rompu au savoir-faire des anciens et une mère gardienne de refuge où le génépi est prisé des visiteurs), le jeune homme, titulaire d’un BTS gestion et protection de la nature, trouvait « dommage de ne plus pouvoir recycler le marc de raisin, mais aussi la poire, le coing… -
Après un investissement de 15 000 € (et une subvention de 3 000 € de la Région) pour un petit alambic, des cuves en inox, quelques milliers de bouteilles et bouchons, une semaine de formation chez un distillateur en Bretagne a parachevé son cursus. Ses premières portes ouvertes en mai ont attiré plus d’une centaine de personnes achevant de convaincre l’ouvrier saisonnier viticole dans le Pays basque qu’il avait fait le bon choix. -
« Je voulais faire mes liqueurs et mon alcool, distillé à partir de fruits, et non pas utiliser l’alcool surfin à 96° qui vient de la betterave ou du blé, souvent même hors de France. Faire vraiment du local, avec des fruits et plantes à proximité, même la lavande vient du jardin », -
En l’espace de quelques mois, il a testé à peu près tout ce qu’il avait sous la main, avec une gamme de 18 ou 19 références variant suivant les saisons : noix, pêche de vigne, framboise, sapinette, pissenlit, gentiane, cerise, poire William… ont macéré dans son eau-de-vie. « Même les “gratte-cul” (cynorrhodon, le fruit de l’églantier), cueillis en décembre dernier ! » Son père et Adrien Berlioz, vigneron à Chignin, lui fournissent les raisins pour son marc qui a donné naissance à quelques liqueurs et eaux-de-vie signatures.
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Outre le génépi (avec une autorisation préfectorale de cueilleur professionnel), Dorian signe quelques jolies surprises : l’amaretto (« un gardien de refuge suisse, Antoine, m’a dit que c’était facile à faire, à partir de noyaux d’abricots »), du gin (« du genévrier, il y en a partout ici, et la coriandre vient du jardin »), son “Patx kitchouk” (à la prunelle sauvage, inspiré du Patxaran basque), une eau-de-vie de bière (« orge et houblon donnent un petit côté whisky ») et son “Annie zette” (« de l’anis étoilé et de la réglisse dans le marc de raisins, mais je cherche une recette avec du fenouil »)










