LA PETITE CHRONIQUE DE MICHÈLE du 11 juillet 2026
DE LA DECHEANCE PROGRESSIVE
DE LA SENSIBILITÉ ET RÉALITÉ
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« Ô Source de la Vie qui, sans cesse renouvelée depuis les profondeurs, fait donc s’ouvrir au
jour le rocher, les fleurs, et ces mains tendues en un geste de prière ! Voici que la montée de ta
force irrésistible répand à travers les veines de l’arbre la sève d’or qui vient s’épanouir en
légers gazouillis d’oiseaux entrelacés dans les touffes de feuillages et d’herbes que l’on
assassine, mais rondes encor comme des nids où la résurrection s’enracinera, malgré tout, en
plein Ciel… »
(Poésie de l’observation de la Nature)
Pendant que de nombreux groupes et penseurs et acteurs de l’actualité estivale, malgré
la canicule outrageante nous plombe dans nos logis, certains s’évertuaient il y a de
nombreuses années à nous/vous prévenir que cela deviendrait de pire en pire.
De donneurs d’alerte, puis d’alarme, ils déclinent aujourd’hui (et sans doute trop tard)
que nous subissons, depuis l’avènement de l’agriculture intensive, l’élevage intensif, et par-
dessus le marché, l’informatisation dans quasi tous les actes du quotidien, générant un ultime
choc générationnel. Nous avons beau signer et contresigner des pétitions dénonciatrices des
très graves erreurs gouvernementales (sont-ce vraiment des erreurs ?). Car au bout du compte,
rien ne semble aboutir. Et l’intelligence dite artificielle (IA) nous fait prisonniers, en nous
claquemurant dans nos logis.
Il semble, fort heureusement, que certaines régions éloignées des grandes cités et giga-
agricultures bouffeuses d’eau et de pesticides, semblent plus privilégiées. Notre Haute-
Tarentaise devient terre d’exil temporaire. Les gens fuient la cité et cette cuisante période où
ils suffoquent ? Notre Haute-Tarentaise, nos Alpes jolies, nos montagnes chéries, vont-elles
résister ? Car c’est là où l’on se dessèche le moins. Mais jusqu’à quand ?
Considérant, chaque jour, cet aspect sociétal qui nous met à l’aise d’un côté et
malheureux de l’autre, l’on peut se heurter de front avec ce profond décalage comportemental
de plus en plus évident de la part des exilés du béton et de l’asphalte.
Ce grand choc générationnel, nous le subissons, même s’il est parfois insoutenable.
Nous emmagasinons dans notre conscience de troublants propos et des tensions anxiogènes,
face à nos acquis, nos expériences, notre développement et connaissances spirituelles, bien
que toujours limitées, et surtout notre sensibilité à fleur de peau et de mot.
Parallèlement à cette richesse spirituelle, nous nous sentons comme en survie ou
anesthésiés par des conventions comportementales liberticides et nous nous demandons, en
posant un doigt sur notre tempe, si nous pouvons encore habiter la Terre, ou bien le Ciel.
Nous sommes presque désespérés de vivre. Nous pensons sans cesse aux pauvres gosses qui
viennent encore dans ce monde en très grand danger.
Pourtant : regarder avec de vrais yeux, écouter avec de vraies oreilles, observer avec
une réelle sensibilité, tout ce qui peut être à notre portée de conscience, peut très bien rester le
plus beau des cadeaux de nos montagnes chéries !...
Ô Sources somptueuses de la Vie, nous prions pour vous !...
Michèle MacHenin-Murzilli