LE MONDE SUBTIL DES MOUSSES
Elle est fille de la lumière et de l’eau. Son mystère et sa capacité de « résurrection »
par temps sec, capte la moindre goutte d’eau pour se réveiller. Donc, jetons un coup d’œil
discret et respectueux sur ce monde subtil, utile et enchanteur des mousses que l’on peut
croiser, sur un chemin de randonnée forestière, ou aux abords d’un lac, d’une rivière ou d’un
torrent, sur un muret, ou un énorme rocher.
bryologies. Faisons germer les graines de l’écologie, en croisant la biodiversité.
Il est dit que le développement des mousses remonte à 450 millions d’années. D’autres
disent 500 millions, comme le regretté Francis Hallé. On n’est plus à 50 millions d’années
près ! Elles auraient tapissé de grandes parties des continents terrestres après s’être échappées
de la mer.. Comment ont-elles pu prendre naissance, se développer, résister à tant de
bouleversements climatiques et exister, se multiplier de façons si diverses, sans que parfois
nous y prêtions vraiment attention. A part quelques passionnés par la biologie végétale, la
biodiversité, l’Homme commun ne semble pas bien prendre en considération leur existence en
apparence fragile, mais douées d’une telle force d’éternité, encore à un tel point sur notre
planète, et partout où il y a de l’eau, de l’humidité, proche des lacs, des rivières, des torrents,
les mousses pullulent. Elles sont bien loin d’être des parasites.
Je remercie profondément cette dame inconnue qui, par l’intermédiaire de Monsieur
Pierre, m’a sérieusement mis l’eau à la bouche et la plume dans l’encrier, pour exprimer mon
respect et mon admiration envers Dame Nature, supérieure à tout, sur notre petite planète
bleue. Observatrice, elle n’a évidemment pas manqué de prendre quelques magnifiques
photos, dont on ne peut que faire bon usage et retisser un lien discret avec ce qui existe depuis
la nuit des temps.Dès le premier visuel des photos, je me suis amusée à donner un nom aux quatre
premières photos que vous trouverez sous chacune d’elles. Seulement grâce à la forme que l'esprit des mousses a su leur donner, comme un grand artiste discret. C’est très émouvant pour
qui a une âme de poète. C’est aussi très beau de savoir que, sous nos cieux, il existe encore
des êtres dont l’esprit est ouvert à la beauté. Que de gratitude nous leur devons.
Promenons-nous dans les bois, crapahutons dans les rochers, sous les sapins et les
épicéas de la Forêt de Malgovert ou ailleurs, et partons à la recherche des plus belles mousses,
parmi les 23 000 espèces différentes qui existent à la surface de la Terre, et dans tous les coins
du monde.
Nous n’irons pas jusqu’à évoquer leurs noms latins, trop compliqués à retenir. Tiens !
au Canada ils leur ont donné des noms vernaculaires plus simples, comme « Gorgone des
Forêts, Mélusine, Ondine à Ventre Violet, etc… » et c’est plus poétique, ça fait rêver assis sur un tapis de mousse si douce, si accueillante, mais que l’on ne contemplera plus de la même
façon, et en connaissance de cause et de bonne foi, sachant que ce monde végétal a toujours
existé sur la Planète, en toute discrétion.
Évidemment, l’on pense instantanément à cette jolie chanson de notre très regretté
Henri Salvador :
« Une chanson douce que me chantait ma maman
En suçant mon pouce j’écoutais en m’endormant.
Cette chanson douce je veux la chanter pour toi
Car ta peau est douce comme la mousse des bois…. »
Ha ! qu’il est doux de toujours être curieux comme un enfant, lorsque l’on ne connait
pas quelque chose vraiment à fond. Notre échange de photos m’a ré ouvert les yeux sur la
bonté et le mystère des mousses. J’espère qu’il en sera de même pour vous, ça fait du bien,
non ? dans ce monde en folie !...
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Francis Hallé pour la forêt primaire. C’est tout récemment que Gaëlle Cloarec a publié un
long article en hommage à ce grand chercher décédé en décembre dernier.
Lire « L ÉLOGE DES MOUSSES » d’Olivier Liron, entre lyrisme et érudition, ce
passionné de connaissance de ce monde-là vous séduira (Éditions Rivages).
Photos n° 1 : Grand-Chef-Herbu – n°2 : Rat-des-Bois – n° 3 : Elephantea- assis et petit
oiseau- rare – n° 4 : Nakunedan-mange-pierre.



























































