LA PETITE CHRONIQUE DE MICHÈLE du 7 juillet 2026
LE CHEVAL DU PAUVRE
Il y a longtemps, il y avait aussi beaucoup de pauvres gens et de riches seigneurs. Rien
n’a changé, les riches ne sont plus des seigneurs et les pauvres sont toujours pauvres, mais
leur esprit s’est enrichi dans certaines circonstances. Ils ont beau trimer, ils sont toujours plus
pauvres. Alors, évidemment, ça les rend grincheux.
Ainsi, dans « le bon vieux temps jadis », on nommait avec simplicité l’histoire de
l’âne, sans souffler le moindre mot à propos de sa très subtile sensibilité, que l’on ne
comprenait pas encore très bien. L’on s’est même amusé de dire de quelqu’un : « Il aime bien
faire l’âne ! ». Mais faire l’âne n’est pas donné à tout le monde. Il semble têtu, peu intelligent
et il a ses raisons. Si l’on s’amuse à le mimer, on sait qu’il a de longues oreilles. On coiffait
même la tête d’un écolier récalcitrant et peu enclin à apprendre ses leçons ou faire ses devoirs
correctement, du bonnet d’âne distribué comme pénitence pour lui faire honte. Bien entendu,
ce n’est pas pour ça que le pauvre gosse apprenait mieux à l’école.
Sans le savoir ou le vouloir, souvent enfant de paysans, celui-ci était plus passionné
par l’école buissonnière ou la pêche aux grenouilles, en regardant les libellules virevolter au-
dessus de l’onde pure d’un ruisseau et des martin-pêcheur, à l’ombre des saules pleureurs qui
avaient leur raison de pleurer. Malheureusement pour lui (les filles étant plus sages), lorsqu’il
rentrait à la maison il recevait une torgnole ou le martinet sur les jambes. La fessée faisait
moins mal sûrement !
Allez donc corriger votre gamin, de nos jours, alors qu’il mériterait vraiment une
torgnole ou une fessée. Cela se nommerait de la maltraitance. Autrement dit les parents n’ont
plus le droit d’éduquer et de corriger leurs gamins qui, à l’adolescence, ne savent plus ou ils
en sont, dans ce magma nauséabond de propos contre-éducatifs, débilitant, brisant la
spontanéité de l’enfant qu’il était peut-être encore l’année dernière ! Période oblige !
Revenons à nos moutons. Pardon ! nos ânes. En fait, pendant que les bergers se
reposaient, la tête dans les étoiles, l’âne qui avait porté son lourd ravitaillement, se reposait
aussi. Il le méritait bien.
En fait, l’âne a toujours été le cheval du pauvre. Depuis bien plus de six-mille ans il
porte les fardeaux des hommes. C’est l’animal domestique le plus ancien. Animal de trait et
de bât, il est depuis la nuit des temps, reconnu comme un animal de labeur et, dans certaines
contrées escarpées où paissent les moutons, il est encore là et de bonne compagnie. En
France, on fait appel à son aide, dans plein de circonstances : tourisme thérapeutique,
viticulture parfois, agriculture à petite échelle, pour soutenir certaines tâches de l’humain.
Les
bergers sont heureux en leur compagnie, lorsqu’ils montent en estives.
Les ânes sont tout à fait respectables, lorsqu’ils sont bien compris !Sur une idée de Michèle !





